On savait les brouteurs de la Fourmilière particulièrement friands de cartes Transcash, de recharges PCS et de grands discours romantiques copiés-collés à la va-vite. On les découvre aujourd'hui une nouvelle passion beaucoup plus inattendue : la sociologie de comptoir et le profilage psychologique de haut vol.
C’est la petite surprise de mes derniers tableaux de bord. Au milieu des connexions habituelles, une IP masquée sous Android s’est installée confortablement sur mon blog, en fin d'après-midi, pour lire attentivement mon article : « Profil psychologique par pays : comment les usurpateurs ciblent les fans ».
Imaginez un instant la scène. Il est 17 h 30 à Lagos. Notre opérateur du jour, appelons-le « l’espion du script », vient probablement de voir l'un de ses faux comptes fraîchement créés se faire pulvériser en moins de deux heures par la modération d’Instagram. Vexé, ou peut-être inquiet pour son fonds de commerce, il décide d'aller voir ce qui se trame chez la Sentinelle.
Et là, plutôt que de tomber sur de simples insultes ou des signalements basiques, il se retrouve face à un miroir clinique qui décortique ses propres méthodes. Il découvre que ses moindres faits et gestes, sa manière d'adapter ses approches selon que sa cible soit française, belge ou américaine, ont été théorisés, classés et mis en ligne.
On imagine le front qui perle. Ce n'est plus de la prévention, c'est un cours de rattrapage forcé. Notre brouteur national est obligé de faire du reverse engineering (de l'espionnage industriel, soyons fous !) sur mon blog pour comprendre pourquoi ses victimes potentielles ne croient plus à ses poèmes d'amour en carton. Il prend des notes, il étudie mes lignes, il essaie de comprendre où son algorithme humain a flanché.
Quelle consécration, tout de même ! Savoir que mes analyses sont devenues le manuel d’anti-jeu officiel que l'adversaire est obligé d'étudier pour espérer rester dans la course.
Chers visiteurs de l'ombre, installez-vous confortablement. Prenez des notes, affinez vos scripts. Mais n'oubliez pas une chose : pendant que vous apprenez à lire mes analyses, la Sentinelle, elle, a déjà appris à coder vos échecs.
Bonne lecture, et à la prochaine mise à jour !
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